Analyse des habitudes alimentaites des français

Première étude d’aussi grande ampleur dans le monde de la santé, l’étude de LaSante.net a bien débuté. Mais pour atteindre l’objectif de 500 000 internautes visites en France, le concours de tous les professionnels de la santé pour relayer l’information, est précieux.

Ce site franco-belge présente un intérêt scientifique majeur en termes de santé publique avec une étude inédite : il permet de mieux comprendre les déterminants nutritionnels dans les grands problèmes de santé publique que sont les cancers, les malades cardio-vasculaires, l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle.

Mais aussi d’autres pathologies pour lesquels on a maintenant des hypothèses sur le rôle potentiel des facteurs nutritionnels, comme la polyarthrite rhumatoïde, la dépression, la migraine, les allergies, l’infertilité, le vieillissement.

Ce sont en effet des déterminants sur lesquels on peut agir, ce qui n’est pas le cas de l’hérédité. Le site ambitionne de pouvoir aboutir à des applications pratiques pour le grand public. Pour atteindre cet objectif ambitieux, encore faut-il pouvoir travailler sur de grandes populations et collecter beaucoup d’informations. C’est tout l’intérêt que représente internet pour obtenir des informations à la fois sur l’alimentation (ce que les consommateurs mangent), où ils l’achètent, s’ils consomment bio, s’ils connaissent les recommandations nutritionnelles. Mais aussi sur leur niveau d’activité physique, les antécédents personnels, la survenue d’événements médicaux nouveaux.

Le nombre d’internautes qui visitent le site doit encore grossir

Actuellement, 200 000 internautes parcours ce site LaSante.net tous les mois.

Parmi eux, 10 000 sont totalement inclus car les données les concernant sont pratiquement complètes. Même s’il y a une majorité de femmes, les deux sexes sont représentés, ainsi que toutes les tranches d’âges, les différentes régions et l’ensemble des catégories socioprofessionnelles. Nous avons une grande hétérogénéité des profils de répondeurs, ce qui est une très bonne nouvelle. En outre, c’est la première fois que l’on peut accéder à des données concernant les bénéficiaires du RSA, qui sont des populations échappant habituellement à ce type d’enquête.

Il faut néanmoins être en mesure d’atteindre jusqu’à 500 000 internautes chaque mois dans les trois ans à venir, avec un suivi pendant 5 à 10 ans. Le site proposera bientôt la possibilité, pour les volontaires qui le souhaitent, de participer à un volet clinicobiologique, afin d’obtenir des informations plus précises, notamment à partir d’examens.

Grâce à cette étude citoyenne d’intérêt collectif, on peut espérer produire une masse de données ayant des applications pratiques pour notre génération et les générations futures. La réussite de l’étude reposant sur la capacité à avoir un nombre très important de participants, on doit véritablement compter sur les médecins pour s’intégrer dans cette démarche et aider à faire connaître ce site. Il leur est d’ailleurs possible d’obtenir du matériel de communication gratuit (bannières, profil utilisateur pour les forums de discussions à usage professionnels).

Déjà, des résultats sur les habitudes alimentaires

Les premiers résultats montrent de grandes variations dans les habitudes alimentaires (fruits, légumes, poissons) entre cadres et ouvriers. On peut également noté que les différences régionales persistaient en dépit de la mondialisation et l’on continue par exemple de consommer plus de charcuteries en Lorraine et plus de pommes de terre au Nord, plus de poissons au sud.

Il existe toujours un décalage entre « savoir » et « mise en application » : ainsi, beaucoup des internautes savent ce qu’il faut manger, ce qui ne veut pas dire qu’ils suivent forcément ces recommandations, que ce soit pour des raisons budgétaires ou par habitudes.